75 – L’Europe et la monnaie commune

Dans le billet précédent j’ai montré que, en présence d’une source d’énergie (houille, pétrole), les échanges commerciaux entre des pays développés et des moins développés ont pour effet de diminuer leurs écarts économiques (ou différences de « température »). Cela est vrai pour les pays qui utilisent des monnaies différentes. Cela a été le cas, par exemple, des États-Unis et de la Chine.

Le lecteur perspicace aura remarqué qu’en adoptant une monnaie unique les Européens ont de facto imposé une « température » unique à leur économie commune. Cela rend impossible de combler les différences de pouvoir d’achat entre les états membres. Ceux-ci sont considérés comme des partenaires de même avance économique que l’on met en compétition « libre et non faussée ».

Le résultat est alors l’inverse. Au lieu de diminuer leurs différences économiques, les échanges commerciaux les augmentent. Tandis que l’Allemagne s’enrichit, la Grèce devient de plus en plus pauvre. Le même phénomène se produit à l’échelle individuelle. Les inégalités de richesses ne cessent de croître entre les individus. C’est une propriété générale de toute communauté utilisant une même monnaie.

De même qu’une machine thermique ne peut fonctionner durablement avec une seule source de chaleur, de même une économie ne peut fonctionner durablement avec une seule monnaie. Dès que les ressources diminuent, la croissance stagne. Tôt ou tard, l’économie est en faillite et la société s’effondre. Un effondrement brutal pourrait être évité si l’on introduisait une deuxième monnaie. Dans son livre « Au cœur de la monnaie », l’économiste belge Bernard Lietaer arrive à la même conclusion à partir de considérations historiques. Il appelle ces deux monnaies le yin et le yang.

Aujourd’hui, le besoin de monnaies complémentaires se fait partout sentir. Beaucoup ont été introduites, mais les diverses tentatives restent isolées les unes des autres (1). Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq proposent une monnaie nationale complémentaire (2). Malheureusement, l’histoire montre que les civilisations s’effondrent avant que l’usage d’une deuxième monnaie se généralise. À vous, chers lecteurs, d’en propager l’idée et de faire pression sur nos dirigeants pour qu’ils la mettent en application.

L’exposé que j’ai fait le 12 mars a pour titre « La thermodynamique des transitions économiques ». Le lecteur intéressé en trouvera ci-joint une version écrite ainsi que les projections associées (format pdf ou diaporama). On y trouvera ma proposition en faveur d’une seconde monnaie européenne.

La vidéo a été postée sur youtube

Voici aussi les liens à deux articles suscités par ma conférence:

« On a atteint le point critique : l’effondrement de notre civilisation »

Transition : un scientifique propose de créer une deuxième monnaie pour réguler le système économique

(1) Voir: http://monnaie-locale-complementaire.net/france/
(2) Éditions Yves Michel (2010) et http://www.aises-fr.org/s-informer/bibliographie-choisie/livres-communs-philippe-derudder-et-andre-jacques-holbecq


44 réflexions au sujet de « 75 – L’Europe et la monnaie commune »

  1. merci de ce retour printanier. La conférence s’est vraisemblablement bien passée, votre épouse doit être satisfaite. Nous aussi. N’hésitez pas à nous prévenir dès qu’elle sera visible sur youtube. Pour ma part je vais cogiter sur cette histoire de monnaie et rendre à Mario ce qui est à Mario ! 😉

  2. Salut karluss

    “Il appelle ces deux monnaies le yin et le yang.”
    Elle est géniale cette remarque!
    En fait, je l’espérais.

    Le yin et yang constituent les deux polarités du Tao, les deux forces qui s’opposent tout en se complétant.
    Piqûre de rappel :
    YIN EST CENTRIFUGE, YANG EST CENTRIPÈTE.
    YIN EST FÉMININ, YANG EST MASCULIN.
    Voir discussion avec Michel Lambotte dans 1 – La fin d’une civilisation.
    Si j’étais un anthropologue, je me passionnerais donc pour une étude sociologique approfondie des Pascuans hommes/femmes, afin de mieux révéler l’importance du lien qui ‘doit’ exister entre une fin de civilisation et un retournement dans les rapports des deux sexes… J’essaierais d’y revenir.

  3. Merci pour cette analyse. La solution a 2 monnaies existe en suisse avec le WIR / http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_WIR. Les suisses sont parmi les rares nations à conserver un peu de souveraineté.
    Mais généraliser cette solution (ré-)introduit de la résilience pour les peuples et c’est précisément ce à quoi s’attaque l’oligarchie mondiale depuis la révolution américaine et française. On n’a pas un problème de monnaie, on a un problème politique.

    1. Oui, il y a le WIR, et bien d’autres encore. Voir par exemple: Bernard Lietaer et al., Money and Sustainability, The Missing Link, notamment le chapitre VII. Si une double monnaie est nécessaire, ce n’est évidemment pas suffisant. En ce qui concerne le problème politique, voir par exemple: Philippe Derudder & André-Jacques Holbeccq, Les 10 plus gros mensonges sur l’économie.

      1. Les monnaies n’existent plus dans nos sociétés occidentales, nous n’avons plus que des devises détachées de valeurs tangibles et uniquement rattachées à la confiance qu’on leurs porte. Si la confiance disparait, la devise perd toute valeur, c’est l’hyperinflation. L’introduction d’un moyen d’échange supplémentaire doit donc se faire avec une vraie monnaie, représentative d’une quantité physique tangible et fixe (comme l’or ou l’argent) qu’on ne peut (doit) pas diluer.
        Pensez-vous à la réintroduction de l’or et l’argent comme étalons ? Ou bien, quelle serait pour vous la meilleure base pour cette deuxième monnaie ?

        1. Une deuxième monnaie, dite complémentaire, est nécessairement de type « yin » (selon la nomenclature de Bernard Lietaer). Elle n’est pas faite pour l’épargne et la thésaurisation, mais pour servir comme reçu d’échange. C’est une monnaie abondante et non précieuse. Les égyptiens utilisaient pour cela des terres cuites, contrairement à l’or qui est une monnaie de type yang.

  4. Bonjour,
    Vous parlez de l’ouvrage « l’effondrement » que je suis entrain de lire.
    J’ai une question pour faire le parallèle avec l’extinction de la civilisation sur l’île de Paques : comment sera utilisé le dernier baril de pétrole qui sortira du dernier puit si nous n’avons pas suffisament développé les énergies alternatives?

    1. Une civilisation est susceptible de s’effondrer dès que ses ressources apparaissent limitées. L’effondrement se produit lorsque, cherchant à conserver ses privilèges, une oligarchie de dirigeants empêche la société (notamment les mentalités) d’évoluer. Ce scénario paraît général. Il apparaît clairement dans le cas de l’île de Pâques.

  5. Bonjour
    Merci pour tout ce que vous apportez comme éclairage sur notre situation actuelle.
    Le parallèle que vous tracez entre la thermodynamique et l’économie nous aidera beaucoup dans la compréhension de ce que nous devons entreprendre.
    J’aurai bien voulu savoir si cette nouvelle monnaie sera avec ou sans intérêt et d’autre part qu’en sera-t-il de l’intérêt sur l’euro lorsque l’on sait qu’il est le principal moteur de l’économie.
    N’y a-t-il pas un risque que la rente capitaliste ne sape le dynamisme engendré par cette nouvelle monnaie sensée développer une économie qui soit durable.
    D’autre part, il me semble que la nature des énergies renouvelables est totalement différente de celle des énergies fossiles, l’une étant diluée, intermittente et distribuée, l’autre étant concentrée, constante dans la distribution et non distribuée au départ.
    Cette constatation nous amène à penser que pour obtenir une transition paisible, il nous faut changer totalement de mode de pensée, relocalisation de l’activité, autonomie seul ou en groupe, sobriété énergétique etc…
    Michel

    1. La monnaie complémentaire que j’appelle « enzyme » ne saurait bien sûr donner lieu à des intérêts. Tout placement financier impliquera une conversion en Euro au cours du jour. Elle ne pourra pas non plus être imposée. Seul l’Euro sera imposé, ce qui revient à remplacer l’impôt sur le revenu par un impôt sur le patrimoine comme la taxe sur l’actif net ou TAN (voir http://www.comitebastille.org« ).

      1. Merci pour les explications et le lien.
        Dans votre concept de thermodynamique de l’évolution et des transitions économiques, je ne vois toujours pas où ranger le prêt à intérêt et la rente de la propriété privée.
        Si nous reprenons l’idée du tas de sable de Per Bak, l’euro et ses intérêts seraient-ils l’écoulement du sable et la monnaie enzyme serait-elle une manière de réguler les avalanches?
        Michel

        1. Dans cette optique, l’Euro et ses intérêts empêchent le sable de s’écouler, ce qui peut provoquer de graves avalanches. La monnaie enzyme favorise un écoulement régulier du sable.

  6. Je suis peut être mal comprenant mais j’ai du mal à voir pourquoi une seule monnaie accentue les inégalités, d’autant plus qu’une seule monnaie ne signifie pas un même coût pour un même produit sur tout le territoire, ne serait-ce qu’ en France, un jambon/beurre coute du simple au double d’un endroit a l’autre, les salaires sont différents en Grèce et en Belgique. Les prix de l’immobilier et du foncier n’ont rien à voir entre Paris et Limoge. Donc on devrait malgré tout assister à une uniformisation du niveau de développement et de vie, pas à une augmentation des écarts. Non ? Je vois bien que ce n’est pas ce qui se produit, mais le liens avec la monnaie unique ne me parait absolument pas trivial.

    1. On devrait effectivement assister à une uniformisation du niveau de vie. Ce sont les sources d’énergie qui créent les inégalités sociales. Voir, par exemple, la façon dont la famille Rockefeller a fait fortune dans le livre « L’or noir » de Matthieu Auzanneau (qui a parlé juste après moi). On s’attend à ce que les échanges commerciaux réduisent les inégalités sociales. C’est la théorie du ruissellement d’Adam Smith (« trickle down effect »). Cela ne se produit pas parce qu’une monnaie unique reste piégée dans les « puits de potentiel » que sont les placements financiers ou immobiliers. Comme j’ai essayé de l’expliquer, une deuxième monnaie permet d’abaisser les « barrières de potentiel » de ces puits.

  7. Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre conférence que j’ai regardé avec un très grand intérêt. Nous partageons de toute évidence de nombreuses grilles de lecture. Avec quelques différences susceptibles d’enrichir nos réflexions réciproques !
    Je montre ainsi que les théories du chaos nous suggèrent que l’effondrement peut aussi laisser place à une émergence vers une nouvelle « humanité ».

    J’aurais plaisir à vous envoyer mon livre « Chaos, mode d’emploi » si vous le souhaitez… et encore plus de plaisir à échanger sur ce sujet.
    (http://brunomarion.com/fr/chaos-mode-demploi/)

    Bruno.

  8. J’ai vraiment du mal à voir rationnellement en quoi une seconde monnaie changerai la donne, alors qu’ intuitivement je sens bien que ça doit peut être le cas. Mais j’ai l’impression que l’interprétation thermodynamique est une analogie, tres intéressante et attrayante, mais pas une preuve. Je ne dis pas ça pour provoquer, au contraire, je suis très demandeur d’un raisonnement, d’une preuve rationnelle, pour ensuite promouvoir cette idée car elle me semble, une fois de plus, intuitivement exacte. Alors que la théorie du ruissellement, pas du tout …
    Sortir des puits de potentiels peut être fait d’une autre manière, par la règlementation, qui me semblerai plus efficace.

    J’ai regardé la conférence TEDx de Bernard Lietaer, sur la 2nde monnaie, mise en place par une municipalité pour développer l’activité locale, mais cette monnaie étant gagné en travaillant pour la municipalité et servant à louer des jardins a cette même municipalité, tout en étant convertible en monnaie nationale, il me semble que c’est intéressant d’un point de vue intellectuel et ludique, mais absolument pas nécessaire pour obtenir l’effet escompté, si ce n’est que la participation des concitoyens a été plus large qu’il ne l’aurait été dans un cadre plus conventionnel, sans doute grâce a ce cote ludique justement.

    1. La monnaie se comporte formellement comme un catalyseur. C’est pourquoi j’appelle ma seconde monnaie « enzyme ». De même qu’un catalyseur ou enzyme augmente la vitesse des réactions chimiques, de même une monnaie augmente le nombre d’échanges commerciaux effectués par unité de temps. C’est bien ce que vous dites lorsque vous écrivez: « la participation des concitoyens a été plus large ». Ceci dit, un catalyseur peut être plus ou moins efficace. En période de croissance économique, une seconde monnaie est inutile.

      Parce l’Homme (comme les animaux) épuise ses ressources naturelles, les périodes de croissance sont toujours suivies de périodes de décroissance. C’est à ce moment là qu’une deuxième monnaie devient nécessaire. Elle permet d’investir à long terme pour trouver de nouvelles ressources. Elle est nécessaire pour refermer le cycle économique, comme une source froide est nécessaire pour refermer le cycle de Carnot.

    2. Bonjour,
      Je ne peux encore pour l’instant pouvoir l’expliquer, mais il me semble que le fait de passer des énergies non renouvelables aux énergies renouvelables réclament deux systèmes économiques différents, d’où la nécessité de deux monnaies.
      C’est ce que dit François Roddier à 1:12
      « On utilise une monnaie différente pour les énergies fossiles et les énergies renouvelables
      A mesure que les énergies fossiles s’épuisent, la température des économies qui leurs sont associées diminue, tandis que celle associées aux énergies renouvelables augmente.
      On remplace une transition abrupt par une transition continue.  »

      Cela fait déjà des années que j’étudie le mode de création des richesses et depuis un certain temps, j’en arrive à considérer que le mode de création des richesses en ce qui concerne les énergies non renouvelables est totalement différent du mode de création des richesses en ce qui concerne les énergies renouvelables.
      Les non renouvelables sont concentrées, non distribuées, et sont continues (pas intermittentes), les renouvelables sont diluées, distribuées et intermittentes. Rien que cela amène à penser que les deux modes de création des richesses doivent être différents, mais je vous l’accorde, il faudrait développer plus.

      Le non renouvelable peut être considérer comme un système fermé (entropie et la mort), le renouvelable comme un système ouvert (structures dissipatives en outo-organisation et la vie)
      De toutes manières il faudra que le non renouvelable passe la main au renouvelable, il y va de la survie des générations futures.

      Partons de l’hypothèse facilement démontrée que la sobriété énergétique sera nécessaire pour développer les énergies renouvelables. Donc faire mieux avec moins abouti à une économie d’énergie ou une rente que j’appelle rente sobriétaire, d’autre part tout le monde sait que l’objectif du capitalisme industriel est la rente financière dans une économie exclusivement basée sur le marché.
      La rente sobriétaire ne peut coexister avec la rente financière puisse que celle-ci occasionne la croissance de la consommation d’énergie, le contraire de la sobriété.
      Si nous avions une (ou des) monnaie(s) qui pourrait (aient) s’échanger de manière locale pour développer les renouvelables dans la sobriété, l’économie se développerait durablement. J’entends bien qu’il faudrait des adaptations sur le plan législatif mais est-ce impossible si nous avons le niveau critique de conscientisation?
      Depuis quelques temps j’opposais farouchement la rente financière à la rente sobriétaire, (la dernière devant remplacer la première par tous les moyens) ce qui paraît logique, mais depuis que j’ai fait connaissance avec l’oeuvre de François Roddier, il me semble que cela peut se passer plus paisiblement à condition d’avoir conscience de deux mondes différents et donc de deux monnaies pour échanger différemment.
      Si vous cliquer sur mon nom et que vous lisez le site, vous êtes en présence d’une association de ma ville, maintenant je comprends mieux la présence de la monnaie le  » Valeureux », http://valeureux.be/ . Si même sa nécessaire présence était intuitive aux fondateurs de l’association, elle s’explique aujourd’hui par la thermodynamique et nous le devons à notre ami François Roddier.
      J’ai l’impression que je suis loin d’avoir tout compris, mais tant que l’envie et la vie sont là il ne faut pas désespérer. Même si au soir de la grande faucheuse je n’ai pas tout compris, les petits enfants seront là pour continuer le boulot.
      Enfin voilà, je vous ai peut-être plus embrouillé que clarifier!!

  9. Bonjour

    Les monnaies complémentaires comme le Sol permettent un soutien de l’économie locale en étant fondante et en échappant aux flux financiers.
    Créer une seconde monnaie permettant des échanges sur des territoires vastes (pays ou zone euro) ne saurait se faire sans une seconde banque centrale.
    Et de fait n’échapperait pas au monde de la finance.
    De toute façon la BCE allemande et les monétaristes bruxellois ne laisseront jamais se développer une seconde économie échappant aux lobbyistes.

  10. Bonjour,
    Je vous remercie vivement pour vos deux vidéos liées à la thermodynamique du vivant. Concernant la 2eme, est ce que l’effondrement de l’économie est inéluctable si on n’applique pas une 2eme monnaie?

    1. Du point de vue thermodynamique, l’équivalent d’un effondrement est une transition de phase abrupte, par exemple la fonte ou la sublimation d’un solide, c’est-à-dire le passage brutal d’un état ordonné (cristallin) à un état plus ou moins désordonné (liquide ou vapeur). Les monnaies secondaires permettent d’éviter les transitions abruptes en la remplaçant par des transitions continues comme on les observe aux points critiques. Elles permettent en particulier de résoudre le problème de la dette. Celle-ci joue le rôle de l’entropie apportée sous forme de chaleur latente de transition. Aux points critiques, la chaleur latente de transition est nulle.

  11. Bonjour,

    Je ne suis pas convaincu par les arguments monétaires avancés. Ce passage par exemple m’interpelle :

    Que faire des cas où la monnaie commune n’est pas corrélé avec un appauvrissement? Par exemple, l’intégration de la Pologne dans l’UE en 2004 ne s’est pas du tout accompagnée d’une paupérisation de la population Polonaise. Au contraire, la Pologne a connu une croissance supérieure à celle de l’Allemagne sur toute la période et donc un phénomène très clair de rattrapage économique.

    1. Petite erreur d’édition, le passage que je voulais citer de l’article est celui-ci :

      « Le lecteur perspicace aura remarqué qu’en adoptant une monnaie unique les Européens ont de facto imposé une « température » unique à leur économie commune. Cela rend impossible de combler les différences de pouvoir d’achat entre les états membres. Ceux-ci sont considérés comme des partenaires de même avance économique que l’on met en compétition « libre et non faussée ».

      Le résultat est alors l’inverse. Au lieu de diminuer leurs différences économiques, les échanges commerciaux les augmentent. Tandis que l’Allemagne s’enrichit, la Grèce devient de plus en plus pauvre. »

      1. La monnaie unique n’implique une température unique que dans la mesure où les ressources énergétiques sont également distribuées. L’entrée de la Pologne dans l’U.E. en 2004, ne l’a pas appauvrie parce qu’elle a apporté du charbon à la communauté.

        1. Bonjour
          Cela augmente encore le taux d’entropie de l’Europe.
          Si par un quelconque miracle la Grèce (ou un autre pays) pouvait nous montrer l’exemple d’une sobriété énergétique elle nous aiderait beaucoup plus que l’entrée de la Pologne et son charbon pour envisager une durabilité de notre avenir.
          Il me semble!

  12. Bonjour M RODDIER
    Suite à la lecture de votre magnifique livre « La thermodynamique de l’évolution »,je me pose une première question sur l’influence des programmes de modifications climatiques sur la biosphère.
    Dans son rapport de 1999(n° a4-0005/99),le Parlement Européen se penche sur le fait qu’une partie de la ceinture de Van Hallen a été endommagée par des centaines d’explosions nucléaires et que cette ceinture est percée dans l’hémisphère nord.
    Quelle conséquence cela à-t-il sur la biosphère?
    Cordialement
    L BERNARD

  13. « La quantité d’énergie dissipée est proportionnelle à la quantité d’information produite »
    vs
    « Le numérique a permis une production d’information impressionnante avec une consommation d’énergie relativement faible »

    Contradiction ?

    1. D’où sortez-vous ces affirmations? On ne produit pas de l’information, on l’importe de notre environnement et on la mémorise. La quantité d’énergie dissipée n’est pas du tout proportionnelle à l’information mémorisée. Elle est donnée par la loi d’Ulanowicz (billet 87): elle est maximale lorsqu’une fraction 1/e de la mémoire disponible est occupée. C’est pourquoi nos sociétés actuelles cherchent désespérément à augmenter leur capacité de mémoire: le numérique consomme de plus en plus d’énergie. Notre cerveau lui-même dissipe beaucoup d’énergie (20% de celle dissipée par notre corps), alors qu’il ne pèse que 2% du poids de notre corps (voir lien).

      1. Quelqu’un veut-il répondre à ma question sur la ceinture de Van allen(sans le H cela va mieux) ou m’aiguiller sur un autre forum de discussion?
        Merci
        Cordialement
        L BERNARD

        1. Comme indiqué dans le message précédent, il s’agit d’un rapport du Parlement Européen de 1999 sur les armes environnementales.
          ce rapport est disponible sur demande sur Europa(avec les références que je vous ai donnés) le site du Parlement Européen.
          Si vous le souhaitez,je peux vous le transmettre.
          Cordialement
          LB

    1. Construire un modèle économique en ignorant le rôle de l’énergie revient à modéliser un être vivant en ignorant son métabolisme. Cela s’applique au modèle de Mundell-Fleming comme aux autres.

          1. … au moyen d’un système bi-monétaire tel que l’une des monnaie serait utilisée pour les ressources matérielles (biens) et/ou « non-renouvelables », et l’autre pour les ressources immatérielles (services) et/ou renouvelables ?

              1. – Pourquoi pour chaque plutôt que pour l’ensemble ? N’est-ce pas régresser vers le – peu pratique – système de troc ?

                – N’attribuez-vous pas à la monnaie, un rôle « indicateur des préférences » déjà assuré par les prix ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *