128 – L’origine de la culture française

La biologie nous apprend que animaux coopèrent lorsqu’ils ont des gènes communs. C’est le phénomène de sélection de parentèle. Il s’applique aux fourmis ou aux abeilles. De génétique, l’évolution de l’homme est devenue culturelle. Cela implique que les hommes coopèrent lorsqu’ils ont une culture commune: la sélection de parentèle est devenue culturelle. Ce qui fait la spécificité d’une nation, c’est la culture commune de ses habitants, indépendamment de leur origine. C’est elle qui les incite à coopérer.

La culture d’une nation lui vient de sa géographie et de son histoire. Je commencerai par la géographie. La France possède un lieu, situé en Côte d’or, où trois rivières prennent chacune leur source à quelques kilomètres les unes des autres. Il s’agit de l’Armançon, de l’Arroux et de l’Ouche. L’Armançon se jette dans l’Yonne. De là ses eaux vont dans la Seine et aboutissent dans la Manche. L’Arroux se jette dans la Loire qui envoie ses eaux dans l’océan Atlantique. L’Ouche se jette dans la Saône, d’où ses eaux vont dans le Rhône puis en Méditerranée. La France s’est naturellement constituée autour de trois bassins fluviaux différents pour s’ouvrir au monde à travers trois étendues maritimes différentes. Elle leur doit la diversité de sa culture qu’elle a réussi à unifier à travers les épreuves subies par ses habitants. De là découle l’essentiel de l’Histoire de France. Pour un pays aux alluvions fertiles, avoir des ouvertures maritimes sur le monde c’est avoir des portes grandes ouvertes aux envahisseurs venus de terres moins fertiles. C’est le cas du midi de la France: le massif des Maures en perpétue la mémoire. C’est le cas aussi de la Normandie dont le nom vient des normands, c’est-à-dire des gens venus du nord connus aussi sous le nom de Vikings.

La culture française s’est ainsi façonnée au cours d’un très long cycle de 1600 ans, démarrant avec l’effondrement de l’empire romain, soit environ 400 ans après Jésus-Christ, pour aboutir à nos jours. On peut décomposer ce cycle en quatre phases de 400 ans chacune. La première phase s’étend de l’an 400 à l’an 800. Suivant la nomenclature de Turchin et Néfédov, c’est clairement une phase de crise. La population du territoire y chute d’un facteur deux. L’éducation est à son point le plus bas (billet 125). C’est l’époque des rois dits « fainéants » qui ne savent ni lire ni écrire. Sans autre culture que sa religion, le peuple ne sait plus à quel saint se vouer. Il suffit à un envahisseur barbare un peu entreprenant de se convertir au christianisme, pour prendre le pouvoir. C’est ainsi que Clovis, roi des francs, donna le nom de sa tribu à ce qui deviendra plus tard la France.

La phase suivante s’étend de l’an 800 à l’an 1200. Selon la même nomenclature, c’est une phase de dépression, au cours de laquelle un territoire s’organise. Ayant repoussé les arabes à Poitiers, Charles Martel est considéré par l’église comme son sauveur. Celle-ci va aider ses descendants à prendre le pouvoir. C’est ainsi que Charlemagne, petit fils de Charles Martel, se retrouve à la tête d’un vaste empire comprenant l’Espagne, la France, la Belgique, les Pays Bas, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la Hongrie et l’Italie. En l’an 800, il en est sacré l’empereur par le pape Léon III à Rome.

Les petits fils de Charlemagne se disputeront cet empire: Charles héritera de la partie l’Ouest, Lothaire de la partie médiane, tandis que Louis héritera de la partie germanique. La partie médiane s’étendait des Pays Bas au nord de l’Italie. En faisait partie la Bourgogne qui se retrouva un moment associée à la Provence. La vallée du Rhône lui ouvrait un débouché vers la mer, d’où partirent plus tard les croisades.

Peu après, les Vikings traversèrent la Manche. Contrairement aux arabes repoussés par Charles Martel, ils se convertissaient à la religion locale dès leur arrivée. Ils purent ainsi pénétrer depuis la Normandie jusqu’à la Suisse. Les Français leur doivent le goût du fromage. Je rappellerai ce qu’il en advint dans un prochain billet. Depuis cette époque, la culture française a évolué. Elle n’est plus aussi liée à la religion. Je reviendrai plus tard sur sa spécificité.

On confond encore trop souvent ethnie et culture. Aujourd’hui beaucoup d’individus d’ethnie algérienne ont adopté la culture française. Réciproquement, bien des français ont adopté certaines aspects de la culture algérienne comme, par exemple, le couscous. Je pense cependant qu’il était illusoire de penser qu’un pays ayant sa propre culture comme l’Algérie puisse un jour s’identifier à la France.


2 réflexions au sujet de « 128 – L’origine de la culture française »

  1. Bonjour Monsieur Roddier

    J’ai quelque peine à constater que votre article n’attire jusqu’à maintenant aucun commentaire.
    Peut-être atteint-il, plus que les précédents, une sorte d’universalité qui trouble les esprits. J’y vois pour ma part l’aboutissement d’un chemin – que vous vous évertuez à éclairer : la rencontre féconde du savoir rationnel et de l’esprit humain.

    Alors je me permets de donner ces deux liens, deux textes qui à mon sens, éclairent aussi ce même chemin :

    http://www.larevuedelinde.com/brelin.htm

    https://www.choix-realite.org/8937/sri-aurobindo-et-asselineau-meme-vision-vis-a-vis-du-nouvel-ordre-mondial

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