132 – Comment les sociétés s’effondrent.

On voit aujourd’hui paraître un nombre croissant de publications sur l’effondrement des sociétés humaines. L’idée que nos sociétés dites « avancées » pourraient s’effondrer prend de plus en plus corps, mais les opinions sur la façon dont cela pourrait arriver diffèrent.

Un premier sujet de préoccupation est la diminution de nos réserves connues de pétrole. La majorité des travailleurs ne peuvent pas se rendre à leur travail sans prendre leur voiture personnelle et l’essence leur coûte de plus en plus cher. Une solution serait de développer les transports en commun. Certains, peu nombreux, osent parler de décroissance économique, mais nos gouvernements ne parlent que de compétition libre et non faussée. Autrement dit, le premier qui ralentit se fait doubler par les autres.

Un deuxième sujet de préoccupation est le réchauffement climatique. Chaque année des spécialistes internationaux se réunissent sous forme d’une COP (Conférence des parties) pour discuter des mesures à prendre. Mais celles-ci sont rarement suivies d’effet. Il est clair aussi que tous les pays ne seront pas également affectés. Diminuer notre usage du pétrole serait la première mesure à prendre, mais nous venons de voir ce qu’il en est.

De façon générale, l’homme prend de plus en plus conscience de la nécessité de préserver son environnement. Celui-ci comprend l’ensemble des espèces animales et végétales qu’on désigne sous le terme de biodiversité. Parmi ces espèces, certaines ont permis à l’homme de survivre, grâce à l’élevage. Celui-ci s’étend aujourd’hui aux espèces marines. Pendant ce temps, la population du globe continue à croître allègrement. Jusqu’à quand arriverons-nous à nourrir (presque) tout le monde?

Une façon d’appréhender l’effondrement d’une société est de considérer cette dernière comme une espèce culturelle et de comparer son mécanisme d’effondrement à celui d’une espèce génétique. Un exemple qui vient immédiatement à l’esprit est celui des dinosaures. Il y a environ 65 millions d’années, ceux-ci représentaient un ensemble d’espèces génétiques capables de dissiper beaucoup d’énergie. On sait aujourd’hui que la chute d’un météore a profondément modifié le climat, plongeant pendant un an la terre dans une nuit sombre. Efficientes mais peu résilientes, les espèces de dinosaures ont en majorité disparu, laissant la place aux petits mammifères.

Comme les sociétés humaines d’aujourd’hui, les dinosaures ont été affectés par un changement brutal de climat et de sources de nourriture (énergie et biodiversité). Ils ont disparu parce que leurs gènes n’étaient pas adaptés à un tel changement. On en conclut que, très dissipatives d’énergie comme l’étaient les dinosaures, les sociétés avancées d’aujourd’hui sont vouées à disparaître parce leur culture n’est pas adaptée à un tel changement. Autrement dit, l’effondrement des civilisations n’est pas un phénomène physique mais un phénomène culturel. Nos sociétés actuelles sont incapables d’appréhender la situation d’aujourd’hui parce que leur culture ne leur permet pas.

S’en sortiront ceux qui ont la chance d’avoir un emploi près de chez eux, mais aussi adoptent un comportement approprié: ceux qui évitent les grandes surfaces pour aller chez les petits commerçants locaux (lorsque ceux-ci existent encore), ceux qui achètent leur nourriture aux paysans de l’endroit (éventuellement cotisent à une AMAP) ou fréquentent les marchés paysans. S’en sortiront aussi ceux qui commandent leurs livres à l’éditeur plutôt qu’en amazonie… En favorisant l’économie locale, ils diminuent le rôle des transports, préservent le pétrole, ralentissent le réchauffement climatique et gagnent un temps précieux permettant à tous de s’adapter aux situations nouvelles. Certains commencent à le réaliser. Un phénomène nouveau apparaît: la création de monnaies locales: elles favorisent le développement des économies locales.

Il existe aussi un intermédiaire entre une économie mondialisée et une économie locale: une économie nationale. Les économies locales se développent lorsque les économies nationales dépérissent face aux multinationales, comme la végétation basse se développe en l’absence de plantes de taille moyenne. On sait que tôt ou tard, ces dernières reprennent de la vigueur. Il en est de même des phénomènes culturels. On le voit aujourd’hui avec l’apparition de mouvements d’ampleur nationale. On peut donc espérer voir un jour le retour d’une économie nationale.


24 réflexions sur « 132 – Comment les sociétés s’effondrent. »

  1. Oui, économies nationales qui ensuite mutualiseraient leurs ressources…

    Déclarer l’Humanité « propriétaire » inaliénable de la Terre et de ses Ressources, ce qui ne s’est jamais fait !

    Les collectivités auraient alors la charge de leur gestion.

    Notons que chacun de nous a besoin du sol, des infrastructures, de ressources diverses et variées…

    Chacun achèterait donc aux collectivités des droits d’usage des ressources qui lui sont nécessaires, selon ses ambitions et moyens.

    Tous nous serions locataires non plus auprès de propriétaires privés, mais de la collectivité.

    Ou encore propriétaires d’usage de ressources détenues par la collectivité.
    Celle ci percevrait donc une considérable rente locative.

    Comme tous propriétaires, la collectivité aurait à assurer l’entretien de sa « propriété » : la Planète.

    La rente locative lui permettrait de dépolluer les océans, décontaminer les sols, reboiser, développer des infrastructures et technologies économes ou productrices d’énergies.

    De grandes entreprises auraient à se battre pour obtenir de ces contrats et leurs juteux profits, avec création de millions d’emplois, et générant quantité d’activités annexes.

    Le profit ne permettant plus d’accaparer des ressources communes, mais seulement d’acheter les moyens d’assouvir des passions, il serait inoffensif.

    Voir ce livre : https://www.dropbox.com/s/1931rl51zdahgay/Comprendre%20l-Arnaque%20capitaliste%20265.pdf?dl=0

  2. L’occasion de changer les choses !
    Quelle civilisation pourrions-nous devenir si nous intégrions/digérions toutes nos connaissances des systèmes complexes… À condition bien sûr d’adopter une éthique élevée.

    > contrôler la démographie à l’échelle planétaire
    > contrôler la production à l’échelle planétaire
    > optimiser les flux d’énergies et d’informations dans les réseaux économiques, sociaux…
    Soit :
    > Limiter les zones économiques (dimension fractale du système ?)
    > 1/3 du réseau connecté pour stabilité à l’extrême bord au chaos
    > OU pas plus de 2 connexions par nœud (modèle du bouton de Stuart Kauffman) ?

    J’irai même jusqu’à redéfinir ce qu’est un « travail », ce qui « rentable » et ce qui ne l’est pas.

    >Discuter-échanger des idées, est-ce un travail ?
    >S’occuper des autres ?
    >S’occuper de la planète et de la Vie sur Terre (par ex, ramassage ordures) ?
    >Travailler à son développement mental, physique, spirituel ?
    >Et combien d’autres activités humaines primordiales à notre stabilité/épanouissement et qui sortent du cadre « classique » imposé par notre conception de ce qui est un travail – rémunéré – et ce qui ne l’est pas.

    Mathématiquement on le sait, si l’on vise réellement un développement harmonieux de l’Humanité, les systèmes éco, monétaire et financier tels qu’ils sont, sont à bannir.
    Nous devrions prendre du recule, comprendre pleinement et agir consciemment. Il est évident que cette interdisciplinarité économie-physique-(philosophie des systèmes complexes ?) peut nous y aider.

    + Notre système, tacitement adopté et reconnu, de punition-récompense (cf La Conscience et l’Univers de David S Peat/David Bohm), qui bride la créativité humaine et engendre des frustrations (cf travaux de Maslow ; aussi Stanislav Grof & psychologie transpersonnelle)

    Aujourd’hui, nous prouvons que ce monde est non-viable, et nous nous l’expliquons.
    Demain sera l’heure d’y réfléchir tout ensemble et de changer les choses avant qu’un effondrement total de civilisation ne survienne.

  3. Je cite: « Nos sociétés actuelles sont incapables d’appréhender la situation d’aujourd’hui parce que leur culture ne leur permet pas. »

    c’est a mon avis extrêmement juste.

    Par contre je pense que partout il y a des économies locales et nationales. Au moins à l’état de germe ou endormies. Logiquement avec une récession au niveau mondial elles ré-émergeront ?

    Ce qui m’inquiète au plus haut point c’est l’entretient des installations nucléaires, qu’adviendra-t-il ? sont-elles susceptibles d’être un jour abandonnées par les ‘forces’ qui en assurent le maintient et la protection ? Ne sont-elles pas susceptibles de tout polluer ?

  4. Bonjour. Effectivement les débats/interventions sur la collapsologie, le climat, l’énergie, l’IA etc se font de plus en plus nombreux. Il me semble que vous devriez essayer d’intervenir dans les médias, ou au moins dans les réseaux sociaux, les pure players, les podcasts etc. Je pense très sincèrement que votre contribution serait un apport significatifs vis-à-vis de ceux que l’on entend souvent (Jancovici, Giraux, Servigne, Mignerot etc.) ou moins souvent (Auzanneau, Testot, Keller, Vidal etc.). Je vais acheter votre second livre dès que je rentre en France. Bien cordialement

  5. Le plus important projet que l’humanité devrait mettre sur pied serait simplement la re-végétalisation de la planète. Avec un tel projet on entrerait de plein pied dans monde où la thermodynamique hors équilibre serait centrale.
    Dans un tel monde la pénurie n’existe pas, c’est l’énergie solaire par les plantes qui est centrale. Le carbone est stocké dans le sol, en augmentant de 1/4000 eme par an le taux de matière organique dans les sols on compense toutes les émissions.
    De plus nous avons besoin des mêmes qualités humaines pour revégétaliser la planète que celles qui nous sont nécessaire pour résoudre les autres problèmes.
    En gros, la biosphère n’oublie jamais la source froide contrairement à l’humain.
    Je vous suggère de regarder cette vidéo de Konrad Schreiber qui vous montrera que ce projet n’est pas un vain mot mais est bel et bien en construction et qui plus est par la base de la société que sont les agriculteurs.
    Encore un grand merci pour ce que vous apportez.
    https://www.youtube.com/watch?v=X-umPbPSmvg

  6. Je suis sceptique… On assisterait encore à un phénomène de condensation (énergie-information) au point critique. De mon point de vue, il faut abandonner ce système de punition-récompense (rémunération en échange de travail) qui n’est pas, à mon sens et selon plusieurs études, optimal. Il bride la créativité, il engendre des frustrations et sans contrôle permet cette fameuse condensation (riches de + en + riche, pauvres de + en + pauvre).

    Mais je suis d’accord sur la notion propriété.
    Nos maux sont multiples : démographie, organisation de la société (ontologie des réseaux), comportement individuel (psyché indomptée >>> cf psychologie transpersonnelle >>> traumatisme de la naissance + niveau transpersonnel de l’inconscient)) et notion de propriété.

    Si, autre idée, nos langues.
    Est-ce que nos langues reflètent toute la richesse de notre esprit ?
    Est-ce que nos langues nous permettent de bien nous faire comprendre ?
    Plusieurs indices me laissent penser que ce n’est pas le cas et qu’il faudrait inventer une nouvelle « façon » de communiquer.

  7. Merci d’avoir mis votre livre sur l’internet, à la disposition de tous. Je ne le connaissais pas et je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Cela explique le retard de ma réponse. Félicitations pour la clarté de votre exposé.

    Un point fondamental que les lois de la thermodynamique nous apprennent est la nécessité de bien préciser le système que l’on considère. Vous proposez un excellent modèle d’organisation de société, mais vous ne précisez pas assez à quelle société vous l’appliquez.

    Implicitement vous l’appliquez à l’humanité toute entière, Ce serait en effet souhaitable à long terme, mais parait utopique à court terme. L’appliquer à l’Europe actuelle parait tout aussi utopique, vu son mode d’organisation. Reste la possibilité de l’appliquer à la France, mais cela suppose le rétablissement d’une souveraineté nationale que nous avons malheureusement bradée. Voir à ce sujet l’exposé de Jacques Sapir du 12 avril 2018 qui a suivi le mien à l’école des mines de Paris (billet 120).

    À l’appui de vos thèses, j’aimerais vous signaler deux contributions que vous connaissez peut-être. La première est celle d’André Teissier du Cros du comité Bastille (http://www.comitebastille.org). Il propose de remplacer l’impôt sur le revenu par un impôt sur le patrimoine, ce qui revient bien à louer un droit d’usage à la société. La seconde concerne les élections par tirage au sort. Il s’agit d’un récit de politique fiction intitulé « Bienvenue au Gaulistan » (https://bienvenueaugaulistan.jimdo.com). L’auteur écrit sous un pseudonyme. Sa proposition est un peu plus élaborée que celle d’Étienne Chouard.

  8. En effet ma proposition ne peut s’appliquer dans le contexte actuel… qui est voué à s’effondrer.
    Elle suppose une Révolution qui terminerait donc la période des « grands propriétaires » débutée en 1789, succédant à celle des Rois.

    Le peuple doit prendre le pouvoir pour modifier les droits de propriété. D’abord dans un pays (la France ?). Les nations, européennes ou pas, suivraient cet exemple pour former un Nouveau monde…

    Peut être que le mouvement des Gilets jaunes ouvre la voie !

  9. Le retour à une économie locale signifie le retour des famines en fonction des caprices du climat.
    On n’a pas inventé les marchés mondialisés uniquement pour vendre des i-phones (pour être caricatural).

  10. En tout cas, on a de la chance, la France est en plein processus d’effondrement en ce moment même.

  11. Et pas seulement la France…

    Tout l’Occident est rassemblé au bord de la falaise et n’a d’autre issue que le vide…
    Mais c’est sans compter sur le recouvrement des sigmoïdes de Mensch… (zapez si j’ai tout faux !^^)

    Par dessous, enfanté par l’ancien, un nouveau monde à émergé, à la fois plein d’espoir et dangereux…
    Espoir, car sa dynamique semble rassurante et ouverte à tous… Dangereux, car sous couvert de prôner l’ère de la coopération internationale sensée remplacer avantageusement l’ère de la compétition qui nous a ammené dans cette situation, une hégémonie chinoise, revancharde, puissamment méthodique et totalement décomplexée se construit…
    J’ai bien peur que la «société de moyenne aisance» prônée par Xi lors de ces vœux de 2018, société qu’il conçoit – affichant un réalisme* souriant et du plus bel effet – ouvertement étendue à toute l’Humanité, devienne la nouvelle folie et le nouvel esclavage qu’il va nous falloir contenir…

    https://m.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=ow_tQQzukfQ

    Mais comme nous n’avons qu’une influence quasi nulle sur les décisions que prendront les Chilliens, les Allemands, les Russes, les Malgaches, les bulgares, les Américains, etc…, il ne nous reste que le cadre national pour agir, défendre nos intérêts et finalement, tenter de prolonger notre existence en faisant vivre nos valeurs de liberté.

    C’est un nouveau défit existentiel qui nous est lancé, un défit aux hommes libres, aux hommes francs…

    «Les gouvernements prétendent convaincre les peuples qu’ils sont ingouvernables et, pour les rendre gouvernables, ils ne songent qu’à renforcer la puissance, déjà énorme, de l’État. Mais ce n’est pas l’État qu’ils renforcent, c’est l’administration, qui deviendra bientôt cette équipe de techniciens tout-puissants, incontrôlables, irresponsables, instrument nécessaire de la prochaine, de la très prochaine dictature universelle. Il n’est d’État que dans un pays libre. Un pays libre est un pays qui compte une certaine proportion d’hommes libres. C’est ce nombre plus ou moins grand d’hommes libres qui fait la légitimité, la dignité, l’honneur de l’État. […] L’État n’est rien s’il n’a son compte d’hommes libres capables non seulement de le servir, mais de le penser, de se faire de lui une idée juste et claire, acceptable par tous. Il faut donc refaire des hommes libres.
    Français, ô Français, si vous saviez ce que le monde attend de vous !»

    Georges Bernanos, «Français si vous saviez…» écrit entre 1945 et 1948.

    *«Le réalisme, c’est précisément le bon sens des salauds » dira aussi Bernanos…

  12. Oui pour Mensch, oui pour la chine (j’ai vu ce docu très éclairant). Je vous comprends et vous rejoint.

    Mais, je ne parviens toujours pas, bien que nombreux soient ses avocats, à comprendre cette histoire du « cadre national ». Il est posé la « deus ex machina » comme si c’était une évidence, mais si je demande « ok mais pourquoi ? » les gens sont bien en peine de me répondre.

    Pourquoi le cadre national plutôt que la réunion des hommes libre tout court, quelque soit leur pays et leur langue ? ou pourquoi le cadre national qui est rempli « d’esclaves » et qui est ultra-parasité par l’état obèse ? pourquoi pas plutôt le cadre régional (les grandes villes deviennent en ce moment même des nouveaux poles économiques de plus en plus indépendant des états-nations).
    Bernard Wicth par exemple explique bien cette transformation sociétale ou la région et l’international grignotent la nation.
    Pourquoi le cadre de la nation serait mieux qu’un autre ?
    Pourquoi la nation plutôt que la langue ou la race ou la classe sociale ou la religion ou n’importe quoi d’autre ?

    Est-ce quelqu’un peut expliquer cela ?
    Attention, je comprends tout à fait que la nation AI ETE le cadre naturel par le passé (parce que avant nation/natus, on partageait la même ascendance, et ça faisait sens, du temps ou il n’y avait pas internet et les avions).

  13. Nation et peuple sont synonymes.

    Pas de peuple = pas de nation = pas de démos = pas de démocratie = nous ne décidons plus de notre avenir…
    Et c’est un cercle vicieux, car moins nous déciderons de notre avenir et plus l’obsolescence de la nation gagnera les esprits…
    Contrairement aux piles Wonder, la Nation ne s’use que si l’on ne s’en sert plus.
    En outre, la rendre obsolète est l’activité principale des mondialisateurs-marchands…

    .

    Il faut, bien entendu, que des Algériens libres décident du devenir de l’Algérie, que des Indiens libres décident du devenir de l’Inde, que des Chinois libres décident du devenir de la Chine,… mais je doute fort que vous apprécieriez que ces hommes libres décident du devenir des Francais, ni que ces Nations apprécieraient que des Francais libres décident du leur…

    Cette ”certaine proportion d’hommes libres” dont parle Bernanos n’est malheureusement pas encore la garantie d’une entente globale par dessus les nations,…mais elle est déjà la première condition pour qu’un dialogue puisse réunir le plus de Nations possible, c’est à dire la plus grande partie de l’Humanité possible, autour d’une même table.

    Pour progresser, l’Humanite n’a qu’un seul format pratique et pertinent : la Nation.

    Malheureusement, le jeu des Nations et des coopérations utiles est faussé par les visées impériales de certaines Nations ainsi que par l’alliance continentale absurde qu’est l’Union Européenne, cet attelage invraisemblable qui n’a rien d’une union et tout d’un saucissonage !

    C’est cela qui provoque les grands déséquilibres internationaux et les guerres qui ne règlent rien, mis à part les intérêts de ceux qui les financent et qui les perpétuent sous couvert de ”mondialisation heureuse”…, pensez printemps !, comme dirait l’autre…

    Car il faut le dire sans peur : la haute finance tire les ficelles de tout ce cirque et depuis plus de mille ans ! D’où l’importance d’avoir des banques nationales totalement indépendantes de ces entités financières apatrides qui ont fini par acheter le Monde.

    C’est le sens de la démarche de François Asselineau qui a dit : «Je me fous de qui tire les ficelles, moi, ce que je veux, c’est couper les ficelles…», ce que même de Gaulle n’aura jamais réussi à faire totalement, notamment avec les Rothschild…

    Je remets ce lien, ci-dessous, car je ne connais pas de meilleure démonstration de la pertinence de la ”granulométrie” nationale pour l’avenir de l’Humanité.

    Idem pour la leçon que l’on doit en tirer pour restaurer la France sous cette forme optimale de nation libre et non-alignée, condition diplomatique indispensable pour pouvoir construire un avenir de coopérations utiles à la surface de Planète,… je dirais même, un avenir tout-court !

    .

    https://m.youtube.com/watch?v=b9bbmBlZ9ck

    .

  14. La Nation est aujourd’hui, à cette époque de l’Histoire, le cadre le mieux adapté pour établir une politique donnée, unifié par une langue et une histoire commune.

    Il y a 10000 ans c’était la tribu, il y a 1000 ans c’était la région, et dans un certain temps ce sera la planète entière (si nous ne disparaissons pas avant).

  15. Vous le posez comme un axiome … moi je voudrais une démonstration.
    Parce que si c’est un axiome, je peux en poser un différent.

    Pourquoi la « nation » serait mieux que le continent par exemple (la question se pose d’autant plus puisque nous sommes en Europe).
    Et si on garde l’échelle de la nation actuelle, pourquoi pas un fédéralisme de régions plutôt qu’une république « une et indivisible » ?

    Je comprends bien le poids de l’histoire mais la nation n’a pas toujours existé, c’est même assez récent. Selon Bernard Wicht l’état nation c’est la conséquence du traité de whestphalie, de l’armée de métier, de l’impôt qui va avec, des armes à feu (qui ont changé la manière de faire la guerre et la police), et la légitimation (par la démocratie) de tout ça.
    Mais il semble que ça soit en train de changer en ce moment même.

    Donc j’aimerais (si ça existe) une raison thermodynamique à cet appel à la « nation ».

    Certains avancent que la nation est le meilleur compromis entre complexité et économie d’échelles.
    Est-ce que donc ce serait lié à la complexité que notre cerveau peut gérer ou bien à la complexité que nos systèmes d’administration savent gérer ? du coup avec internet ça pourrait changer, non ?
    Est-ce que ce serait pour des raisons militaires ? si oui lesquelles ? et dans ce cas, sont-elles toujours d’actualité ? (encore une fois Bernard Wicth, le seul que je connais qui parle de ça explique justement que la nation s’effrite car on est en pleine révolution militaire).

    La Suisse est l’équivalent d’une grosse région française et ne se porte pas plus mal que nous (pour ne pas dire l’inverse).

    Moi, perso, l’invocation de la nation ne me fait ni chaud ni froid. A l’heure de google translate la langue n’est plus une raison. Nous ne sommes plus un peuple (immigration de masse + divorce de classe + individualisme). L’état-nation n’est plus qu’une administration semi-coloniale pour le compte des intérêts internationaux et une idéologie de l’homme nouveau.

    Donc … je pose la question de « la nation » : en quoi est-ce plus qu’un réflexe réactionnaire ? une sorte de repli sur un truc qu’on connaît ?

    Je n’affirme rien, je voudrais juste qu’on me donne une bonne raison.

  16. Il n’y a pas mieux ou moins bien.

    Ce sont les hasards de l’Histoire, et la géographie, qui font que le monde est ainsi découpé.

    Ce découpage est en perpétuel remaniement, au rythme lent des guerres et révolutions.

    Il est d’autant plus difficile de se mettre d’accord, que les intervenants sont nombreux, mieux vaut ne pas viser trop grand et chercher à s’unifier ensuite.

  17. @yoananda

    «La Suisse est l’équivalent d’une grosse région française et ne se porte pas plus mal que nous (pour ne pas dire l’inverse).

    Moi, perso, l’invocation de la nation ne me fait ni chaud ni froid.»

    Alors qu’entendez-vous par ”nous” dans la première phrase ?

    Et puis vous savez, la Suisse, c’est surtout ”l’équivalent” d’une nation souveraine, ce que nous ne sommes plus…

    «Nous ne sommes plus un peuple»

    Ça aussi, vous le posez comme un axiome !… Et encore ce ”nous”…!^^

    .

    «L’état-nation n’est plus qu’une administration semi-coloniale pour le compte des intérêts internationaux»

    Convenez quand-même que sur les 192 Nations membres de l’ONU, cela ne concerne spécifiquement QUE les 28 États membres de l’UE !… Car ce sont les traités européens qui nous empêchent de jouer à jeu égal avec le reste du Monde !

    Vous savez que Gevrey Chanbertin appartient désormais à un Chinois de Macao ?
    Essayez d’aller acheter une plantation de thé en Chine !…
    Il n’y a qu’ici que l’on voit ça (art 63 du TFUE…) !

    .

    «et une idéologie de l’homme nouveau.»

    Vous l’exprimez comme un regret, j’espère !…

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Homme_nouveau

    .

    «Donc … je pose la question de « la nation » : en quoi est-ce plus qu’un réflexe réactionnaire ? une sorte de repli sur un truc qu’on connaît ?»

    Pensez-vous qu’il serait urgent de ne rien faire ou bien qu’il serait préférable de se replier sur un truc qu’on ne connaît pas ?

    .

    «Je n’affirme rien, je voudrais juste qu’on me donne une bonne raison.»

    Je ne peux vous donner qu’une modeste raison me concernant :

    La région ramène inéluctablement aux féodalités ou, plus près de nous, aux heures les plus sombres de ”Das Neue Europa » et c’est précisément là que se situe le danger réactionnaire le plus grave…

    https://gazettefrancaise.com/2015/12/14/lhistoire-de-walter-hallstein/

    …Et comme je n’ai ni l’envie, ni les moyens d’habiter une de ces tours d’ivoire apatrides, la nation (et sa force de dissuasion nucléaire…) reste pour l’instant la seule garantie de mon identité et de mon existence…

  18. Pour faire un peu de politique, la nation c’est le plus grand ensemble possible où une autorité est souveraine. L’autorité en question pouvant être un roi, un peuple, ou quoi que ce soit.

    Pourquoi on parle de nation ici, c’est parce qu’il est le plus pertinent pour amorcer les changement le plus rapidement possible. Dans un cadre supranational, il n’y a pas d’autorité et d’administration pouvant obliger tous le monde à changer. Dans un cadre infranational, le changement politique a une portée plus limité que si il avait été national et peut être contrecarré par lui.

    Il faut bien sur séparer la notion de nation des notions de commune, régions, pays, … qui définissent mieux la taille des localités. La nation étant le fruit de la contingence, il faudra forcément partir de là pour insuffler un changement.

    Cela ne veut pas dire que cela n’aurait pas pu être fait par « la classe sociale, ou la religion ». C’est juste que comme les administrations actuelles ne dépendent pas de ça, on ne peut pas s’en servir.

    (après oui, ce n’est pas si pertinent que ça d’utiliser le terme de nation pour gérer l’économie en englobant des pays qui ont des tailles tellement différente, entre le Vatican et la Russie par exemple. Il vaudrait mieux définir la taille de l’entité maximum de coopération économique avec une superficie délimitée)

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