76 – Les monnaies Yin et Yang

Dans mon billet précédent, j’ai mentionné les monnaies Yin et Yang de Bernard Lietaer. Je dois avouer que, lorsque j’ai donné ma conférence le 12 mars, je n’avais pas encore lu son livre (1). Je l’ai lu depuis et il a été pour moi une révélation: l’expérience confirmait le bien fondé de mes propositions. Voici en particulier ce qu’il dit  (p. 212):

« Un système monétaire dual de nature Yin-Yang a fait ses preuves pendant plusieurs siècles en Europe pendant le Moyen-Âge central. Le corolaire est qu’imposer un monopole d’une monnaie Yang est peut-être plus efficace, mais le sera au prix d’une détérioration de la justice financière et de la stabilité sociale d’une société. » Durant mon exposé, j’ai montré que non seulement une monnaie complémentaire diminue les inégalités sociales, mais encore elle facilite les transitions économiques en évitant les effondrements brutaux.

Bernard Lietaer donne un second exemple de monnaie Yin, en Égypte. Son introduction correspondrait au passage de l’ancien testament dans lequel le pharaon rêve que sept vaches maigres dévorent sept vaches grasses. Joseph prédit que sept années de disette suivront sept années de prospérité et conseille au pharaon de mettre du blé en réserve, ce qu’il fit. Selon Bernard Lietaer, les reçus de ces dépots de blé auraient alors servi de monnaie Yin, évitant un effondrement brutal de l’économie.

Son livre a attiré mon attention sur la relation entre l’archétype Yin-Yang et le cycle de Carnot. On sait que le Yang correspond au chaud, tandis que le Yin correspond au froid. Considérons une machine thermique constituée d’un cylindre fermé par un piston. Associé au plein, le Yang correspond à la phase active pendant laquelle le cylindre se remplit de vapeur ou d’air chaud, tandis qu’associé au vide, le Yin s’identifie à la phase passive durant laquelle le cylindre refroidi se vide.

Ces correspondances sont d’autant plus remarquable qu’elles ont été faites à une époque où on ignorait tout des lois de la thermodynamique. Prenons, le cas de la convection (2). Deux forces opposées agissent, la poussée d’Archimède et la gravité. Le Yang correspond clairement à la partie ascendante du cycle durant laquelle la source chaude apporte l’énergie nécessaire aux forces d’Archimède pour effectuer un travail positif. Le Yin correspond à la phase descendante du cycle durant laquelle la source froide permet aux forces de gravité de l’emporter en refermant le cycle.

La correspondance est encore plus frappante, si on l’applique à la vie considérée comme une machine thermique fonctionnant entre une source chaude, le Soleil, et une source froide le ciel nocturne. En effet, dans la tradition chinoise, le Yang est associé au soleil et à la clarté tandis que le Yin est associé à la lune et à l’obscurité.

Le Yang est enfin associé à l’homme qui part le matin fournir un travail physique, tandis que le Yin est associé à la femme qui l’accueille le soir et le restaure. Étymologiquement, le mot restaurer signifie remettre en état. Traditionellement la femme entretient la maison, donc la remet chaque jour en état comme on restaure les conditions initiales d’un cycle de Carnot.

Enfin la femme met les enfants au monde. Elle assure la transition de phase entre un cycle de vie et le cycle suivant. De même les transitions économiques sont des transitions de phase entre deux cycles économiques successifs. C’est durant ces transitions qu’une monnaie Yin est indispensable.

(1) Bernard Lietaer, Au cœur de la monnaie, Yves Michel. Nouvelle édition (2012).

(2) Le mouvement de l’eau dans une casserole sur le feu.


10 réflexions au sujet de « 76 – Les monnaies Yin et Yang »

  1. Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que j’ai eu, en lisant le rapprochement entre la pensée Taoïste et la thermodynamique.
    Heureux pas uniquement car j’ai fait le même rapprochement, mais en partant de l’autre sens (de l’expérience). Mais heureux, parce que je me dis qu’en tant que scientifique, vous aurez plus de crédibilité pour rendre visible ces rapprochements. Et les creuser, car vous n’avez entrevu que la surface des choses pour le moment, et la science aurait beaucoup a apprendre de cet autre regard.

    Si vous continuez vos recherches sur le Taoïsme, vous verrez que cela dépasse largement le domaine économique. Et que cette représentation très ancienne, basé sur l’expérience empirique et l’observation de la nature, décrit parfaitement ce que l’on appellerai « les concepts » qui correspondent à la thermodynamique (ce que j’ai lu de plus approchant dans notre culture c’est l’Ethique de Spinoza).

    Je suis pratiquant du taiji depuis quelques années, et depuis 5 ans par la pratique un certain nombre de choses se devoillent. Même si c’est difficilement compréhensible pour un non pratiquant, il n’y a rien de magique, ni d’irrationnel, c’est très matériel et un certains nombres de pratiquants vivent la même chose. La reproductibilité, et l’amélioration de l’efficacité dans le temps sont là si cela est bien enseigné et pratiqué.
    Évidement le taiji peut se limiter a une gymnastique un peu creuse (en perdant son sens premier), ou se prêter à des délires ésotériques. Mais si l’enseignement est bon, le taiji est un art Taoiste qui amène une réelle voie de connaissance et de transformation intérieure.

    Etant de formation scientifique (math/informatique), j’ai cherché aussi à trouver une explication physique (et scientifique) a partir des ressentis de l’expérience. Et je n’ai pas trouvé au départ. Ce n’est que depuis l’an dernier, que je commence a trouver des rapprochements bien plus clair avec vos travaux.
    Avant de trouver vos travaux, j’avais également trouvé un livre intéressant de Jacques Jaffelin « pour une théorie de l’information générale » (travail critiquable, mais il avance de bon rapprochement).

    Je vous encourage a poursuivre le fil de vos recherches sur la pensée chinoise, le yin et le yang (et ces transitions de phase), le Qi (et le shen), l’axe/le centre, l’intention (le yi)…
    Je vous envois ce lien vers des vidéos de Gu Meisheng qui fut un des premiers maitre venu en France pour faire des conférences universitaire sur le Taoisme (voir les travaux de Catherine Despeux), et qui fut amener a enseigner le taiji a des Européens
    https://www.youtube.com/watch?v=d9fRJd4Bpgs

    Je ne veux pas rentrer dans trop d’explication, mais je peux vous dire que par la pratique du taiji on découvre un « petit moteur » dans le corps. Et c’est ce moteur qui agit, et sur lequel petit a petit on va se reposer pour se détendre et le laisser agir, c’est lui qui est a la source du mouvement. Ce moteur est en 2 phases, comme le decrit tres bien Gu Meisheng dans la vidéo, et ces phases avec transition de phase se développe en spirale (une montante pour la phase yang, une descendante pour la phase Ying). Ying et Yang ne sont pas deux etats exclusif mais qui composent, c’est une double spirale montante et descendante si on l’observe ces sensations. Petit a petit, on ne va plus tracer ces spirales (« limiter les frottements et pertes de chaleurs » si vous voulez) et laisser le centre agir (le vide/plein qui est au milieu du cylindre formé par ces deux spirales). L’energie et la puissance est plus forte quand ce centre seul agit (quand on retourne au centre et que l’on evite les frottements).
    On peut le decrire comme un système thermodynamique ouvert, et la pratique permet de minimiser la perte d’energie et d’optimiser la dissipation de l’énergie capté en soi (et pour les maîtres il capte aussi autour d’eux, le sol, l’air, etc).

    Si je peux vous être d’une quelconque utilité, pour vous aider sur ces recherches, je serais ravi de vous aider si je le peux.

  2. Bonsoir M. Roddier.
    J’ai regardé votre conférence du 12 mars. Et, je vous avoue que vous m’avez fait rire et sourire lorsque vous vous énerviez un peu comme un enfant, à cause de cette satanée informatique !
    Quant à votre exposé, je vous rassure, il prouve avec brio que vos circuits sont encore bien connectés, pour notre plus grand plaisir.
    https://lh6.googleusercontent.com/-IWlB3Fdlu4E/VSwXYLfosEI/AAAAAAAAAMA/ev4zg6MePHk/w1059-h791-no/RODDIER-FR.jpg

  3. Bonjour M. Roddier, merci pour ces brillants exposés. Pour éclaircir un peu ce dont parle Bernard Lietaer je me permets de mettre en lien une de ces conférences :

    Je trouve remarquable de partir des grands archétypes pour en arriver à la monnaie!

  4. Bonjour Mr Roddier.

    Laissez moi vous dire à quel point je respecte votre travail et pense qu’il est peut être aussi fondamentale (et rupturiste) que celui de Darwin en son temps pour aider l’Homme à mieux se connaitre via la prise de conscience des interactions qui le relie avec l’univers qui l’entoure (je considère votre démarche comme un nouveau « pas de géant » effectué dans la même direction que le passager du Beagle).

    Je travail moi même depuis quelques années (dans mon coin et à titre personnel) à l’étude des phénomènes mèmètiques (coutumes, cultures, religions, idées politiques, modes) qui sont autant de stratégies pour maitriser l’information dans un système fermé et qui structurent les sociétés (entropie) tout en leur permettant d’absorber les sociétés voisines ou de les déstabiliser (déchets).. c’est comme cela que j’ai abouti à la conclusion que les idées (concepts) était un nouvel état intermédiaire de l’énergie (nouveau car nous n’avons pas encore découvert d’autres espèces vivantes dans l’univers) autant qu’un moyen d’en démultiplier l’usage… (une idée peut déplacer une montagne… en partant d’un seul cerveau et en permettant de faire travailler des milliers de bras-moteurs ou a des milliers d’humains de se chasser ou se nourrir plus efficacement.. un concept de gestion d’information dans l’optimisation de l’énergie que nous n’avons pas été les premiers à expérimenter les plantes et les animaux le faisant aussi à leur niveau comme le montre les travaux relativement récents sur la gestion de l’information – apprentissage, alertes – par la faune et la flore). L’Homme à simplement poussé au maximum la notion de gestion de l’optimisation de sa productivité via les concept dématérialisés.

    L’histoire des civilisations est donc forcément aussi l’histoire de la gestion de l’information par les pouvoirs « unificateurs » (stabilité, organisation). Cette gestion passe par l’usage d’un média (diffuseur) qui distribue un « paquet » d’idées ou de concepts cohérents ou du moins assurant une cohérence acceptable au sein du groupe (lois, cultures, coutumes).

    Chaque nouveau média dans l’histoire fut d’une portée supérieur au précédent…ce qui eu pour effet d’agrandir le cercle d’influence de ces pouvoirs et donc d’agrandir la taille des systèmes fermés (civilisations).

    A chaque apparition d’un nouveau média d’une portée plus grande que le précédent cela à précipité la chute des pouvoirs qui s’étaient organisé autours du média antérieur et donc de leur civilisation. A signaler que le nouveau média venait s’ajouter au précédent sans jamais le faire disparaitre (comme pour les énergie, le nucléaire n’a pas remplacé le pétrole ou le feu mais il s’y est ajouté) ou comme la télévision n’a pas remplacé le livre ou la parole..

    Au commencement fut sans doute le son puis la parole, puis le signe, puis le totem sous toutes ses formes (permettant aux signes/codes d’être visible en permanence et de + loin), puis les totems grandirent de plus en plus jusqu’a devenir des pyramides accroissants à chaque fois la portée du rayonnement donc la taille de la civilisation les utilisant (il en reste aujourd’hui les temples ou les églises… ) puis le livre… puis l’imprimerie… puis les médias radios TV et enfin… l’internet… qui est le dernier saut en date, et le premier qui couvre en instantané l’ensemble de la planète donc de l’humanité, signe avant coureur que le pouvoir qui récupérera ou gérera ce média aura la capacité d’élargir son influence au globe (créant ainsi une civilisation globale) si toutefois il parvient à être associé a un « paquet » d’idées moyennes acceptée par la majorité des récepteurs.

    – Première loi : les civilisations naissent et déclinent avec l’usage du média centrale qu’elles utilisent pour diffuser un ensemble de codes (concepts) permettant de structurer (gouverner donc organiser) leur système fermé en espérant optimiser le rendement énergétique (Kw/h par personne).

    Rapidement les sociétés concurrentes utilisent le même médias (diffuseurs) pour véhiculer des concepts (codes) concurrents ou récupérer ceux des voisins.

    – Deuxième loi : chaque fois qu’un nouveau média d’une portée supérieur au précédent émerge les pouvoirs tirant leur puissance du média antérieur disparaissent ou sont absorbé par un pouvoir maitrisant le nouveau média. S’en suit une lutte des concepts mémétiques au sein d’un espace plus grand que le précédent (les codes situés en bordures entrent dans la sphère de rayonnement jusqu’a la stabilisation… par le pouvoir le plus habile)

    – troisième loi : chaque nouveau média optimise la consommation d’énergie nécessaire pour diffuser l’information (codes, modes) à un plus grand nombre de cibles (récepteurs). En clair + de portée (sur plus d’humains) pour un cout énergétique moindre. Il fallait deux bras pour tracer un signe sur un morceau de bois ou de silex (groupes primitifs de 10 à 50 individus), puis quelques dizaines pour ériger un totem (tribus de 50 à 500 individus environ) puis des milliers pour bâtir une pyramide (cités-états rayonnant sur des dizaines de milliers d’individus) et seulement quelques cerveaux et bras pour écrire la Bible qui fut à l’origine d’un saut majeur : le Concept mèmètique du « Dieu unique » succédant à l’empilement de Dieux véhiculés par les médias antérieurs accumulés (parole, dessin et totems) ce fut l’émergence des pouvoirs (rois, empires) centralisés rayonnant sur l’Europe et le moyen orient soit des millions d’individus. Vous connaissez la suite avec l’imprimerie (Diderot) aboutissant à la démocratie centralisée ou sa variation (le petit livre rouge) aboutissant a un pouvoir totalitaire centralisée dans une autre région du globe.

    A chaque fois la portée (en KM) augmente mais le cout énergétique par cible touchée diminue… aujourd’hui deux doigts sur un clavier consomment un soupçon de Kw et permettent de diffuser des concepts (ou des idéologies) à la terre entière en une seconde (Twitter..).

    Mais ce petit exposé de mes recherches n’est pas l’objet premier de ce message… en travaillant sur les conséquences du dernier saut je me suis retrouvé évidemment en face du mur que représente l’accroissement de la population, et son besoin grandissant de concepts et d’informations face à la crise énergétique et la raréfaction des énergies fossiles. (d’autant qu’Internet consomme au cumulé une jolie somme d’énergie même si celle ci n’est rien ramenée au nombre d’idées diffusées – pour la petite histoire nous sommes en pleine tempête mémétique à l’heure actuelle, logique si peu de temps après l’avènement du nouveau media).

    A ce sujet je me (vous) pose une question : Que pensez vous de la source d’énergie potentielle que représentent les « CSO » (centrales solaires orbitales) indépendamment de leur cout de mise en place ou de l’état actuel de la technologie en matière de transmission d’énergie sans fil (les deux étant uniquement dépendant de la volonté politique puisque de l’investissement) ?.

    N’est ce pas là la porte de sortie idéale au goulet d’étranglement auquel nous allons devoir faire face ?. Au moins pour les raisons suivantes :

    – 0 rejet (sauf celui des lancements spatiaux bien minces au regard de la puissance fournie par unité durant leur durée de vie)
    – 0 déchet (sauf.. idem que précédent)
    – un rendement 16 fois supérieur au solaire au sol
    – un réservoir inépuisable et stable (le soleil ne deviendra pas une naine blanche du jour au lendemain)
    – pas de frais de prospection (on sait ou trouver l’énergie d’entrée de jeu)
    – la possibilité d’alimenter chaque endroit de la planète.
    – un réseau de distribution déjà existant (hormis les base de réception au sol qui prendront au final bien moins de place que les infrastructures pétrolières ou gazières…)

    N’est il pas temps de cesser de se disputer « sur terre » les déchets de l’énergie solaire déversée sur notre planète il y a des millions d’années (pétrole, gaz) ou des radioéléments produits par les étoiles il y a des milliards d’années (uranium, Thorium) pour aller directement puiser à la source ?.

    Bien cordialement

    Y-L

  5. Bonsoir M. RODDIER
    Intéressons-nous un instant à la pièce de 1 euro.
    La pièce de 1 euro est constitué d’un centre blanc argenté en cupronickel (75 % Cu 25 % Ni) sur âme de nickel et d’une couronne  jaune doré en maillechort (75 % Cu 20 % Zn 5 % Ni). Les alliages (centre et couronne) sont inversés pour la pièce de 2 euros.
    À l’avers, pour les euros frappés en France, dans un hexagone entouré de la devise «Liberté, Égalité, Fraternité», un arbre étoilé signé Joaquin Jimenez pousse ses racines et ses branches, et abritent les initiales de la République Française, vers les douze étoiles de la couronne.
    Soit un cercle jaune doré, en référence au Soleil = Yang, encerclant un centre blanc argenté, en référence à la Lune = Yin
    Il y a donc du Yin et du Yang dans notre Monnaie. : )

    Je n’ai pas encore lu le livre de Bernard Lietaer, “Au cœur de la monnaie”, mais en attendant, j’ai trouvé ceci sur internet, en complément de votre article que je trouve passionnant :
    – Passerelle Eco d’après un article de H. Jackson paru dans le bulletin du GEN, et synthétisé par Jean Luc Girard :
    Bernard Lietaer, ancien gouverneur de la Banque de Belgique, et l’un des pères de l’Euro nous parle de cet autre “tabou” qu’est devenu la monnaie.
“ Bernard Lietaer definit la monnaie comme résultant d’un consensus conscient de la communauté d’utiliser un moyen d’échange. En le suivant à travers l’histoire, B. Lietaer trace l’origine du tabou de la monnaie dans la suppression progressive de l’archétype de la ’Grande Mère’, jusqu’à aboutir à notre société patriarcale.”
    – Les monnaies nationales conventionelles sont de type Yang (masculines) : leur émission est basée sur la hiérarchie, elles mènent à la centralisation, à l’accumulation par un petit nombre qui investissent dans des biens à court terme. Ces monnaies entretiennent leur rareté et créent la compétition.
    – Les monnaies de type Yin (féminines) sont égalitaires et encouragent la coopération entre les utilisateurs. Elle ont un support local, elles sont disponibles en quantité et créent des investissements en biens à long terme. Elles ont existé typiquement sous forme d’économie de dons ou d’échanges de cadeaux…

    Carl Gustav Jung :
    « Les chinois ont toujours reconnu les paradoxes et les polarités inhérentes au vivant. Les opposés s’équilibrent l’un l’autre (un signe de haute culture). L’unidimen-sionalité, bien qu’elle donne de l’élan, est une marque de barbarisme. »

    Le Future de la Monnaie 
- La population vieillit. Comment lever assez de taxes pour les personnes agées ? 
- Les changements de climat exigent de résoudre favorablement les conflits entre une soutenabilité à long terme et les intérêts financiers. 
- La révolution de l’information : comment procurer des moyens de subsistance à des milliards de personnes alors que les technologies provoquent le chômage ? 
- L’instabilité monétaire. Les crashs répétés ne sont pas des accidents mais les signes d’une dislocation du système monétaire officiel.

    Il faut donc développer des systèmes monétaires complémentaires.
    Depuis que Michael Linton en a créé un en 1984, des milliers ont vu le jour, sous des formes variées.
    Les SELs organisent l’abondance, ils sont un support pour les communautés locales et pour les éco-villages, Un exemple très intéressant (parmi beaucoup d’autres) est l’exemple de Curitiba où une monnaie complémentaire a permis à une ville brésilienne de se développer rapidement en suivant une ligne écologique.
    Bernard Lieater conclut  :  » Une mutation post-industrielle est de toute façon à notre porte et je crois que le meilleur moyen de la gérer est de décentraliser et d’autoriser de manière consciente la créativité humaine à tous les niveaux.
    Les trois vagues qui permettraient une abondance durable sont : les changements de valeurs, la technologie de l’information et les monnaies complémentaires.”

    https://lh5.googleusercontent.com/-BDUaceHiqOE/VUfFD6Lr_bI/AAAAAAAAAOI/JKeMz7ofJkc/w971-h725-no/L%27UNE%2BDANS%2BL%27AUTRE.jpg

  6. Bonjour,

    Je rajoute que sur ce principe de 2 monnaies, sans aller jusqu’au monnaie alternative. Keynes avait proposé à Bretton-Woods la proposition du bancor
    http://www.pauljorion.com/blog/2010/05/24/note-sur-le-bancor/

    le FMI a pour ainsi dire cette capacite de type bancor dans son arsenal, avec les DTS (droits tirages speciaux). On en entends a nouveau parler en ce moment, au sujet de la dette Grecque.

    Au niveau Europeens, un certains nombre d’economistes heterodoxes ont promu la transition d’une monnaie unique vers une monnaies commune (un euro au niveau continal, en lien avec des monnaies nationales euro-francs).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Monnaie_commune

    Tout ca pour dire, que meme au niveau international, ces idees du besoin de double monnaie est déjà plus qu’avancé.

    Hugues

  7. Pour moi, la monnaie est l’un des moyens pour catalyser les échanges. La plus simple des monnaies, est non-matérielle, c’est la confiance dans son prochain. C’est la monnaie des pauvres (voir Montesquieu). Elle est un peu la conduction a comparer a la convection d’une monnaie matérielle. 2 monnaies, ou 3, ou plus, peu importe si elles augmentent les échanges. En contrepartie, elles peuvent permettre plus de stabilité (en fonctionnant a différentes échelles par exemple).

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