8 réflexions au sujet de « 78 – Informations »

  1. Merci pour cet interview.
    Je m’interroge beaucoup sur une limite de cette vision de l’évolution.

    Quelle place donne-t-on à la surprise? Les systèmes complexes ont comme capacité de générer des phénomènes émergents qui lui permettent d’augmenter sa diffusion énergétique.
    Je me souviens par exemple que René Dumont dans les années 70 prédisait, en buvant un simple verre d’eau à la télévision, la fin de l’eau accessible avant la fin du XX siècle. Sa prévision était clairement erronée (mon robinet chez moi me le confirme) car il avait surement surestimé les nombreuses réorganisations qui nous ont permis de maintenir une disponibilité en eau jusqu’à ce jour.
    N’y a-t-il pas de manière générale dans cette vision une surestimation de la catastrophe et de son ampleur et une minimisation des innovations et des phénomènes émergents qui vont venir et qui nous sont encore aujourd’hui inconnu. Qui aurait pu prédire internet par exemple ?

    1. René Dumont a eu tord de préciser la date à laquelle l’eau viendrait à manquer, mais il a eu raison d’alerter l’opinion sur ce danger. Comme je l’explique dans mon livre, un montagnard ne peut pas prédire l’heure d’une avalanche, mais il peut très bien dire quand il y a danger d’avalanche. Sachant que la population humaine a pu tripler grâce à une agriculture industrielle liée au pétrole, il me parait sain qu’on s’inquiète aujourd’hui des conséquences de l’épuisement de cette ressource. L’archéologie et l’histoire nous apprennent que les civilisations humaines se sont régulièrement effondrées parce que l’homme n’a pas été suffisamment conscient de leur évolution.

        1. Pas à ma connaissance, mais si l’effondrement n’a pas eu lieu, il est difficile de dire s’il aurait pu avoir lieu.

          1. Il y a bien le cas de l’URSS qui pourrait éventuellement coller à cette définition d’un société qui avait conscience de son effondrement à venir.
            Ce n’était pas une conscience générale mais une conscience diffuse que « ça ne pourra pas durer comme ça éternellement ». Dans le cas de l’URSS toutefois, il apparaît assez évident qu’il n’était pas possible d’arrêter le machine en douceur.
            Est-ce que vous êtes familier des théories de la dépendance au sentier? Elles sont très intéressantes pour expliquer des non changements.

            1. La dépendance au sentier est une conséquence de l’existence des bifurcations (« Thermodynamique de l’évolution », section 3.3). Celles-ci engendrent les ruptures irréversibles de symétrie qui permettent la mémorisation de l’information (non-changement) donc la production d’entropie. Ce sont les grains de sable dans les rouages qui dissipent l’énergie.

        2. Dans « Effondrement », Jared Diamond cite le cas rare d’une société dans une île du Pacifique, qui a éradiqué le porc à un moment donné de son histoire, et est devenue plus ou moins végétarienne, car elle avait su déterminer que le porc avait un impact néfaste et non durable sur l’écosystème de l’île.

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