142 – L’effondrement de l’empire romain

Mes précédents billets montrent que les caractéristiques de nos sociétés actuelles se rapprochent de celles des sociétés en voie d’effondrement.

Un des exemples les mieux connus d’effondrement de société est l’effondrement de l’empire romain. Que nous apprend-il sur notre société actuelle? Pour le savoir, on peut se référer au livre de Kyle Harper intitulé: « Comment l’empire romain s’est effondré? » (1). On y apprend que l’effondrement de l’empire romain est lié essentiellement à deux facteurs: un changement climatique et une modification de l’environnement. Cela ressemble étrangement à ce qui se passe aujourd’hui.

De nos jours, on parle beaucoup de réchauffement climatique. En cette période de canicule, je pense que même le lecteur le plus sceptique aura du mal à douter de sa réalité. Les scientifiques attribuent ce réchauffement au taux croissant de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Celui-ci serait dû à l’activité humaine. Nous serions ainsi responsables de nos propres malheurs.

Kyle Harper montre qu’à la fin de leur empire, les romains auraient été aussi responsables de leurs propres malheurs. Le développement des bains publics aurait favorisé la naissance des épidémies dont la propagation a été assurée par le commerce.

Ainsi, en se développant, les sociétés modifient leur propre environnement au point que celles-ci finissent par s’effondrer. L’exemple de la fin de l’empire romain est à méditer si l’on veut comprendre où mène l’évolution de nos sociétés actuelles.

(1) Comment l’empire romain s’est effondré (le climat, les maladies et la chute de Rome) par Kyle Harper, préface de Benoit Rossignol, La découverte, janvier 2019.


5 réflexions sur « 142 – L’effondrement de l’empire romain »

  1. Merci pour vos leçons. Mais povez vous expliquer comme la vie (photosintesis) est un systeme que maximize la disipation d energie?
    Il me parait que construir estructures comme le bois est une façon plus lente de disiper l energie de la radiation solaire que la circulation atmosfèrique. Merci en avance

    1. Effectivement, la vie maximalise la dissipation d’énergie et au travers d’une chaîne alimentaire elle exporte son entropie. En quelque sorte les sources froides deviennent les sources chaudes pour d’autres éléments du système vivant. Toute l’énergie captée par la photosynthèse retourne dans l’espace dans la nuit à 3°k. C’est comme cela que je comprends et c’est pour cette raison que je pense qu’il est indispensable de créer une civilisation qui va copier le fonctionnement de la biosphère.
      Notre civilisation capitaliste industrielle qui ne tient aucunement compte de ces concepts ne peut que s’effondrer dans le pire des cas ou être remplacée par une autre adaptée à ce concept dans le meilleur des cas.
      Comme je suis un optimiste anxieux….. et bien je cherche.
      Voici un lien très intéressant qui parle d’agriculture

  2. Bonsoir

    Je me permets de vous écrire car j’ai pensé à vous : une école à Cergy organiser une formation, et ils font intervenir notamment un certain Sébastien Bohler. Voici l’extrait de la présentation de la formation :
    « – Sébastien BOHLER expliquera « Pourquoi notre cerveau nous pousse à détruire la planète ».
    Ingénieur, ancien élève de l’École polytechnique, journaliste, chroniqueur, conférencier, écrivain français,
    rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, il intervient dans les domaines liés aux neurosciences et à
    la psychologie. Il est en outre titulaire d’un DEA de pharmacologie moléculaire et cellulaire puis d’une thèse de
    neurobiologie moléculaire à l’université Pierre-et-Marie-Curie, préparée dans le laboratoire de Jean-Pierre
    Changeux à l’institut Pasteur, sur le fonctionnement des récepteurs neuronaux impliqués dans la dépendance à
    la nicotine.
    En 2019, dans Le bug humain, il analyse la crise écologique massive générée par l’humanité au travers du
    prisme des neurosciences. Selon lui, les processus de destruction de l’environnement s’expliquent en grande
    partie par des mécanismes cérébraux archaïques : le striatum, notamment, et les circuits neuronaux de
    récompense, qui par le biais de la dopamine, incitent l’homme à assouvir continuellement et exponentiellement 5
    besoins fondamentaux : manger, se reproduire, asseoir du pouvoir, acquérir de l’information et fournir le moindre
    effort. »

    Vous comprenez bien sûr pourquoi j’ai pensé à vous ! Je ne sais pas si vous le connaissiez.
    J’ignore si votre 3ieme théorème de la thermo sera démontré un jour, mais même si ce n’est pas le cas on en arrive aux même conclusions !
    Bien cordialement

    1. Le troisième principe de la thermodynamique est démontré par le fonctionnement du système vivant.
      L’homme dissipe de plus en plus d’énergie sans tenir compte de ce principe mais les choses changent.

  3. C’est d’autant plus un exemple à méditer que ce n’est pas l’effondrement brutal qu’on tend à nous présenter dans les manuels d’histoire : l’empire romain a perduré pendant plus de 1200 ans après son apogée, en comptant l’empire byzantin qui l’a continué en Orient.

    Le détachement des provinces tient autant du fait militaire (ex. évacuation de la Bretagne en 407) que du fait économique(fin de la transmission des impôts à Rome ou de la vente de blé d’Afrique à vil prix) souvent apprécié des populations, ou encore théologique (ex. Égypte au VIIè siècle).

    La structure dissipative qu’était le Haut-Empire a été réduite parce que d’autres procédés l’ont supplanté devant la raréfaction de ce qui faisait la puissance de l’Empire : l’or amassé lors des conquêtes, au fondement de la finance d’alors, s’est retrouvé dispersé entre de plus en plus de mains, tandis que la foi en l’empereur a été supplantée par un christianisme bien en peine pour maintenir son unité.

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